Bilan plus qualitatif que quantitatif pour le salon Maroc In Mode 2012

Le premier bilan du salon Maroc in Mode & Maroc Sourcing, désormais regroupé, qui s'est tenu en octobre dernier à Casablanca, a, pour une part seulement tenu ses promesses. C'est du moins l'avis de AMITH, l'Association de l'Industrie Textile et de la Mode au Maroc, qui organise l'événement.
Cette nouvelle édition réunissait 120 exposants (contre 150 en 2011), 66 entreprises de textiles locales et 64 filiales étrangères notamment européennes (France, Portugal, Espagne, …) implantées au Maroc. Côté visiteurs, 756 acheteurs étrangers ont néanmoins répondu présent, des acheteurs qui, selon les sources officielles, appartiennent au segment moyenne/haut de l'habillement. Parmi les grands présents, les chaînes et franchises françaises qui pèsent à elles seules pour 34 % de l'exportation textile du Maroc avec desenseignes phares comme Etam, Camaïeu, Kookai, Jules, Lacoste, Petit Bateau, Du Pareil au même… Les grandes marques espagnoles El Corte Inglès, Adolpho Domininguez ou encore Salsa étaient présentes (elles représentent 39% des exportations marocaines) aux côtés des géants anglais Barbour ou Tesco.

LE TEXTILE MARCOCAINS VISE LE MOYEN/HAUT DE GAMME

La venue de ces enseignes est le signe d'un positionnement du textile marocain vers les marchés moyen haut de gamme, laissant à l'Asie, celui du basique. Néanmoins ce positionnement ne suffit pas à lui seul à permettre aux entreprises marocaines, comme d'ailleurs celles de Turquie et de Tunisie, d'affronter sereinement la crise du marché européen. En quelques chiffres, la première partie de l'année 2012, de janvier à août, ont vu les exportations marocaines baisser de 2,8 % pour le chaîne-et-trame d'habillement (chemise, pantalons, vestes…) et de - 6,7% pour celui de la bonneterie. Sur cette même période, tous produits textiles confondus, la baisse est de -9 % pour le seul marché français. Un recul qui s'accompagne d'une pression supplémentaire sur les prix, les enseignes étant à la recherche de marge supplémentaire pour suppléer à la chute des ventes.

LES ENTREPRISES MAROCAINES INNOVENT DANS DES SCHEMAS « ANTI CRISE » NOVATEURS

La solution vient peut-être de produits à forte valeur ajoutée où la concurrence est moindre. La qualité, tant dans l'offre, le service que dans la diversité devient des atouts commerciaux. A titre d'exemple, c'est le chemin suivi par le fabricant Bonneterie de l'Atlas spécialisé dans les chaussettes et les collants. Son savoir-faire vient non seulement d'une flexibilité des quantités fabriquées (des plus grandes aux plus petites demandes), mais aussi dans sa capacité à d'ultra - personnaliser l'offre, notamment par une gamme étendue de coloris. On trouve parmi ses clients, des franchises d'habillement comme Jacadi ou celles du groupe Zanier (Ikks, Z, Catimini, One Step, Teenfactory …) Ou plus généraliste comme Monoprix.
D'autres acteurs du textile comme Larimode (Chaîne et trame, denim, maille etc.) misent sur des stratégies différenciantes. En parallèle à la sous traitance, il a développé la co-traitance lui permettant de conquérir de nouveaux clients et de nouveaux marchés (Zara, Mango, Anne Fontaine en France). Le full package proposé par le fabricant de jean Blue Finger apparaît aussi comme une solution alternative à la crise. En maîtrisant la chaîne de fabrication du développement au produit fini en passant par le lavage et la teinture, il propose un    « service ajouté » intéressant pour des marques comme Esprit, Lacoste, Serge Blanco, ou La Redoute.
Enfin, la diversification des produits et donc des clients peut permettre de consolider l'activité en se mettant à l'abri d'une dépendance trop forte par rapport à une marque ou une enseigne. Le fabricant Monte Pull spécialisé dans le tricot, vient de lancer une gamme de tee shirt pour pallier à l'effet de saisonnalité de sa production. Parmi ses clients, on compte des enseignes comme Cache Cache et Bonobo du groupe Beaumanoir, La Halle, Pimkie ou encore Jacqueline Riu.
On le voit, les acteurs du secteur de l'habillement sont obligés d'aller chercher de nouveaux savoir-faire, de nouveaux formats de production pour tenir sur un marché particulièrement malmené et qui ne se contente plus de la flexibilité et la réactivité qui faisaient la force de l'industrie textile marocaine.
Article mis en ligne par Isabelle, Rédactrice AC Franchise

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  • Crée le: 18/11/12 01:00

Les franchises qui recrutent